Châtel sur Moselle – Les Merveilleuses et Insolites


Châtel-sur-Moselle


 

Nom des habitants : Châtellois, Châtelloises

Blason : Inspirées d’un sceau de l’an 1534, les
armes font logiquement références au château. 


Description Historique


L’emplacement de Châtel sur le passage de la Moselle, au croisement de trois voies romaines et sur l’axe menant à la Bourgogne
en fait un haut-lieu stratégique depuis le XIème siècle.

En effet, la ville devient une place forte d’importance à la création du
nouveau comté de Vaudémont, issu d’un partage entre les fils Thierry et Gérard du défunt duc de Lorraine Gérard d’Alsace : Gérard Ier devient ainsi le premier comte de Vaudémont.

 

A la suite, semblerait-il, d’une défaite de Gérard Ier contre le duc de
Bourgogne, une partie du comté passe sous suzeraineté de ce dernier ; ce qui fait du comté de Vaudémont une enclave bourguignonne à l’intérieur du duché de Lorraine. Au XIVème siècle, le comté
passe à la famille de Neufchâtel par le biais du mariage entre la fille du comte Henri V et Thibaut de Neufchâtel, maréchal de bourgogne.

 

La ville passe ensuite au gré des conflits successivement et alternativement entre suzerainetés bourguignonnes et lorraines,
puis lorraines et françaises. Au XVIIe siècle, Châtel est rudement touchée par la Guerre de Trente Ans, pendant laquelle Richelieu et Louis XIII puis Louis XIV essaieront de s’approprier la
Lorraine. Châtel subit ainsi 9 sièges entre 1634 et 1670, jusqu’à la démolition des fortifications en 1671 à la suite de la défaite face à l’armée de Louis XIV menée par le maréchal
Créqui.

 

Outre son rôle de place forte, Châtel fut aussi un lieu de
spiritualité ; en témoignent les différentes maisons religieuses bâties sur les ruines du château, comme le monastère Notre-Dame construit dans les années 1706-1710 qui subsiste aujourd’hui,
ou le couvent de frères capucins construit sur l’ancien hôtel seigneurial.

 

Le 16 septembre 1944, la ville est libérée par La Nueve, compagnie
exclusivement composée d’Espagnols républicains réfugiés en France lors de la Retirada, qui intégrèrent alors les Forces Françaises Libres. Châtel connu d’importantes reconstructions après ce
deuxième conflit mondial. 

 

Auparavant simplement dénommée Châtel, la commune a pris le nom de Châtel-sur-Moselle le 21 juin 1961.

 


Légende, tradition ou personnage remarquable



 


Armes anciennes

 A la fin du XIXème siècle furent retrouvés sur les voûtes de
l’église, un tonneau de poudre, des bombes et des fusils de rempart ; ceux-ci remontant sans doute à la période troublée subie par la ville au XVIIème.

 


Vignoble châtellois
 

 « Disons plutôt qu’à Châtel ils y étaient et qu’ils s’en sont donné à cœur joie depuis un temps immémorial jusque vers le dernier
quart du XIXème siècle, époque où, petit à petit, notre vignoble disparu. Cette grande perte pour notre cité fut la résultante des sournoises attaques du phylloxéra, de diverses maladies
cryptogamiques, le tout aggravé par des variations climatiques et une insuffisance de traitements énergiques et adéquats.

 

Elles ne sont plus qu’un lointain souvenir pour quelques vieux Châtellois, ces vignes qui jadis s’étalaient pour la plupart, sur les
versants sud et ouest de nos coteaux ensoleillés, bordés par la Moselle, et qui puisaient vigueur et bon rendement dans une terre fertile, fumée, sarclée et cultivée avec ardeur dont la vie
depuis le Moyen-âge était réglée par le lièvre, le brochet et la vigne. »
(Tiré de Châtel-sur-Moselle : histoire d’une noble et fière cité
vosgienne)


 


Maurice Grandclas
 

Né à Châtel, il fut doyen de la faculté de médecine à l’université de
Pont-à-Mousson et auteur d’une Dissertation sur les différentes températures de la Lorraine et leur influence sur la santé (édité à Nancy en 1728).

 


Monuments / Patrimoine



 


Monastère Notre-Dame
 

 

Le 25 juin 1706, le duc de Lorraine Léopold autorisa aux religieuses, déjà
présentes depuis 1622, de s’établir sur un plus large terrain correspondant à l’emplacement de l’ancienne porterie du château. En 1710, le couvant Notre-Dame est ainsi édifié, reprenant  des
matériaux issus des fortifications. Reconverti plus tard en école, il connu de lourds dégâts lors de la Seconde Guerre Mondiale ; il fut sauvé par l’Association du Vieux Châtel et accueille
actuellement le centre culturel Guyot d’Avilley, du nom du premier Bailli de Châtel.




Église
 


 


 
L’église est érigée au XVème siècle lors de la domination des seigneurs de Neufchâtel, elle est de style gothique
flamboyant ; de l’église qui la précédait, probablement du XIIIème siècle, il ne reste rien. Avant les destructions inhérentes à la guerre en 1940, l’église était entourée de maisons
particulières. L’édifice est classé au titre des monuments historiques.

 

 



 


Forteresse
 

 

Le premier château est vraisemblablement construit entre 1072 et 1100.
Cette construction est issue de la nécessité de renforcer le nouveau comté de Vaudémont après sa création en 1072.

 

Comme souvent pour pareilles constructions, le château est situé sur un
éperon calcaire dominant. Un donjon (la résidence du seigneur) de 35 mètres et 4 étages y est érigé, protégé par une enceinte peu épaisse à quatre angles. Une église romane dédiée à saint Laurent
est édifiée à l’angle nord-est du château. En 1150, le donjon étant jugé trop inconfortable, les comtes font bâtir un hôtel sur le flanc est du château ; le premier étage du donjon servant
alors de salle d’apparat.

 

Une première extension du château est réalisée vers 1220-1250. Le nouveau
suzerain des Vaudémont, le comte de Bar, octroie en prêt les fonds nécessaires à l’agrandissement des fortifications. Le château est ainsi étendu vers l’est : une seconde cour, coupée de la
première par l’hôtel seigneurial est ainsi créée, de même que sont érigées quatre tours dont l’une fera office de nouvelle entrée du château. La ville se développant en contrebas est entourée
d’une enceinte en lien  avec le château.

Les années 1410-1420 voient la constitution d’une seconde extension du
château pour l’adapter à l’artillerie à poudre. Une large enceinte vers le nord, flanquée de cinq tours dotées de canonnières, est construite, doublant alors la superficie du château. L’entrée
est renforcée par deux tours, un second pont-levis, et enfin une barbacane (ouvrage de fortification avancé). L’hôtel seigneurial est également agrandi.

 

La troisième et dernière extension du château est élaborée de 1444 à 1460, c’est-à-dire peu après sa dernière transformation.
Là encore, il s’agit d’adapter la défense aux progrès de l’artillerie (passage du boulet de pierre au boulet en fonte), ainsi, une seconde enceinte au nord est bâtie. Au sud, la Moselle empêche
ce type de construction, les anciens murs des XIème-XIIIème siècles sont alors renforcés par un mur descendant jusqu’en bas du rocher.



En 1505, l’hôtel dit « de Werdenberg » est construit. Il s’agit
de la conséquence d’un mariage entre la nièce de Guillaume, dernier fils de Thiébaut IX, avec le comte Félix de Werdenberg, lui même cousin de Maximilien d’Autriche : il s’agissait alors de
soustraire la position aux ambitions lorraines ou françaises par la protection de l’empereur Charles Quint. L’hôtel est de tradition bourguignonne (en témoignent ses tuiles colorées).

 

De 1634-1670 la forteresse connaît neuf sièges successifs, elle finira par
tomber devant les troupes françaises en 1670. Le maréchal Créqui ordonne alors la destruction du site, cependant on s’aperçoit bien vite que les coûts d’explosifs s’avéreront faramineux ;
ainsi il est ordonné à la population de recouvrir le château de terre, cette opération dura quatre mois. 

 

En 1972 est créée par M. et Mme Debry l’association du Vieux Châtel afin de parer à un nouveau projet de construction d’immeubles
sur le château enterré, ainsi que participer à la sauvegarde et la mise en valeur de ce monument. Finalement le site est classé au titre des monuments historiques en 1988.

 



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